Archives mensuelles : décembre 2013

Vente : Effet du droit de rétractation d’un co-acquéreur immobilier

En cas de signature d’une promesse de vente, l’exercice du droit de rétraction par un des coacquéreurs de l’immeuble ayant entraîné l’anéantissement de la vente, le vendeur n’est plus en droit d’exiger l’application du contrat à l’égard de l’autre acquéreur.

Pour rappel, l’article L. 271-1 du code de la construction et de l’habitation permet à tout acquéreur non professionnel d’un immeuble à usage d’habitation de « se rétracter dans un délai de sept jours à compter du lendemain de la première présentation de la lettre lui notifiant l’acte [d’acquisition] ».

Dans la présente espèce, la question posée était de savoir quelles sont les conséquences attachées à la rétractation d’un seul des co-acquéreurs dans les formes et le délai imparti par l’article L 271-1 du Code de la Construction.

En l’espèce, le vendeur d’une maison d’habitation avait conclu avec un couple un contrat de vente soumis à l’obligation légale de réitération par acte authentique car relevant du régime de la loi du 1er juin 1924 applicable dans les territoires d’Alsace-Moselle. La signature de l’acte authentique n’étant pas intervenue dans le délai (conventionnellement prorogé), le vendeur assigna le couple afin que soit appliquée la clause pénale prévue dans cette situation. La loi de 1924 sanctionne désormais le non-respect de l’obligation de réitération par la caducité de l’acte, ce qui permet effectivement de se prévaloir de l’éventuelle clause pénale insérée au contrat (Civ. 2e, 6 juin 2013, n° 12-20.352).

Mais, dans son arrêt du 9 juin 2010, la troisième chambre civile censure la cour d’appel qui avait accueilli cette demande contre le mari et l’épouse, alors même que cette dernière n’avait pas reçu la notification, puisque la lettre recommandée n’était signée que de son seul conjoint.

Pour rappel, la notification adressée à un époux n’est pas opposable à l’autre (Civ. 3e, 9 juin 2010, n° 09-15.361).

Pourtant, la cour d’appel de Metz admet la demande du vendeur à l’égard, cette fois, du seul mari en considérant que « la faculté de rétractation est une prérogative strictement personnelle à chacun des époux et que M. X ne peut se prévaloir de l’irrégularité de la notification destinée à son épouse ». Autrement dit, l’inopposabilité à l’épouse de la notification réalisée à l’égard du mari n’emporte pas la symétrie inverse, à savoir le bénéfice au profit du mari de l’inopposabilité de l’acte à son épouse.

La Cour de Cassation n’a pas rejoint cette analyse. En effet, la troisième chambre civile casse l’arrêt en précisant « qu’en statuant ainsi, alors que l’exercice par Mme X de son droit de rétractation avait entraîné l’anéantissement du contrat, la cour d’appel a violé les textes susvisés ».

En d’autres termes, la haute juridiction ne conteste pas la qualification de « prérogative strictement personnelle » utilisée par les juges du fond pour qualifier le droit de rétractation mais se place du côté des effets de la mise en oeuvre d’un tel droit qui, parce qu’il a fait disparaître le contrat, interdit au vendeur d’exiger l’application de la clause pénale, y compris à l’égard du destinataire de la notification.

En conséquence, il paraît légitime de considérer qu’un tel anéantissement puisse également être invoqué par le vendeur. À défaut, cela reviendrait à admettre que le coacquéreur destinataire de la notification dispose d’un double droit de rétractation.

A contrario, si la solution doit être rattachée à la formation du contrat en mettant l’accent sur l’interdépendance des consentements des acquéreurs, l’effet pourrait être différent.

La solution pragmatique pour les professionnels pourrait de rendre indépendant l’engagement de chaque acquéreur, la rétractation de l’un n’étant alors pas valable pour l’autre, mais ceci est une autre histoire à écrire.

Cour de Cassation, 3ème Chambre Civile, 4 décembre 2013 n°12-27293

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L’immobilier parisien fait du surplace

Les derniers chiffres des notaires de Paris-Île-de-France confortent une sensation générale : le marché immobilier parisien est peu animé. Mince espoir : le nombre de ventes est légèrement plus élevé que ne le redoutaient les observateurs.

Le dernier pointage de la chambre des notaires d’Île-de-France est imparable : le mètre carré dans la capitale s’échangeait à 8 240 € à la fin du mois d’octobre, en baisse de 0,4 % sur trois mois et en repli limité de 1,6 % sur un an.  » Dans la continuité de ce que nous observons depuis plus de deux ans, les prix oscillent toujours dans un couloir étroit, résistant à la baisse malgré un nombre de ventes faible « , relate la note de conjoncture publiée vendredi matin.

7 000 ventes

Par ricochet, le nombre de transaction reste donc  » faible « . Ce constat se double d’une légère note optimiste :  » La timide amélioration observée depuis la fin du printemps s’est prolongée « . En effet, 7 150 biens, presque uniquement des appartements, ont changé de propriétaires entre le 1er août et le 31 octobre, soit une hausse de 15 % par rapport à la même période un an plus tôt. Cependant, les notaires restent prudents :  » L’activité n’a pas pour autant retrouvé de véritable dynamisme « .

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Isoler son logement : des économies sur le long terme

Face aux augmentations continues du prix du gaz, le contribuable doit adopter des comportements responsables pour réduire le montant de ses factures d’énergie. Ainsi, pour mieux maîtriser sa consommation, le consommateur est invité à améliorer la performance énergétique de son logement.

Un logement mal isolé : des factures qui s’envolent

Les logements mal isolés sont de véritables gouffres financiers pour leurs habitants qui voient leur consommation énergétique s’envoler en même temps que le montant de leur facture de gaz.

Pour vérifier la qualité de l’isolation de son logement, il faut vérifier en premier lieu le nombre de kWh par mètre carré que l’on y consomme annuellement. La moyenne nationale de consommation annuelle en gaz se situe à 190 kWh/m2 et les analystes s’accordent pour situer la limite acceptable de consommation à environ 350-400 kwh/m2/an. Au-delà, des problèmes d’isolation sont probablement à l’origine de factures excessives.

L’année de construction du logement permet également de se faire une idée sur sa performance énergétique. Ainsi, les habitations antérieures à 1949 ne bénéficiaient certes d’aucune isolation mais leur étanchéité reste néanmoins bonne du fait des matériaux lourds alors utilisés. De même, après 1975 et l’instauration de la réglementation thermique, les performances énergétiques des habitations ont nettement progressé. Ce sont donc principalement les logements construits entre 1949 et 1975 qui souffrent d’une mauvaise isolation et engendrent des factures de gaz élevées.

Isoler son logement : un bon moyen de réduire ses factures

Un logement mal isolé entraîne nécessairement des pertes de chaleur importantes, et le consommateur est amené à utiliser toujours plus de gaz pour obtenir une température ambiante décente. Sachant que le chauffage représente généralement les 2/3 de la facture de gaz d’un foyer, on ne s’étonne plus que, dans ces conditions, la facture de gaz soit considérablement alourdie.

Pour lutter au mieux contre ces pertes énergétiques, le consommateur peut renforcer l’isolation de son logement. Ainsi, il peut opter pour la pose de doubles ou triples vitrages ou encore mettre en œuvre des travaux d’amélioration thermique du logement pour renforcer l’isolation tant des murs que du toit. Ces investissements financiers lourds seront non seulement rentabilisés à moyen ou long terme mais ils constituent, de plus, un geste citoyen.

Un geste citoyen

Si le gaz naturel est considéré comme une énergie verte, son empreinte sur l’environnement n’est cependant pas négligeable. Avoir un logement mieux isolé, éviter les pertes de chaleur et diminuer sa consommation d’énergie, tous ces comportements ont donc un impact écologique important… « L’énergie est notre avenir, économisons la ! »

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5 astuces pour investir dans l’immobilier en 2014

Si les chiffres de la rentabilité locative en 2013 ne sont pas encore connus, il y a fort à parier qu’ils seront meilleurs que ceux de l’assurance-vie. Il en va ainsi tous les ans, la pierre reste le meilleur investissement pour se bâtir un patrimoine et préparer sa retraite. Beaucoup de ménages pourraient donc continuer à profiter de cette manne en 2014. VousFinancer.com propose 5 astuces pour libérer de la capacité d’emprunt, défiscaliser et choisir la bonne formule.

1/ Comment libérer de la capacité d’emprunt ?

33 % de taux d’endettement maximum

Les banques ne prêteront aux particuliers pour de l’immobilier locatif, que si leur taux d’endettement futur ne dépasse pas 33 % de leurs revenus imposables nets. Attention toutefois, il existe deux manières de calculer un taux d’endettement dans le cadre du locatif : avec compensation et sans compensation des revenus. La méthode de la compensation des revenus est à l’avantage de l’emprunteur ; la non-compensation des revenus permet rarement à des propriétaires d’investir dans le locatif. Le courtier en prêt immobilier oriente donc le dossier de l’emprunteur vers des établissements propres à l’accueillir. Mais il arrive que cela ne suffise pas : pour libérer de la capacité d’emprunt il est nécessaire de procéder à un rachat de crédit.

Si le particulier a emprunté y a quelques années, il pourrait tout à fait rembourser son prêt immobilier avec un taux nominal supérieur à 4 %. Il est possible aujourd’hui d’emprunter autour de 3 %. Cette baisse d’1 % de ses mensualités actuelles pourrait suffire à obtenir un taux d’endettement futur ne dépassant pas 33 %. Le travail du courtier est donc de proposer le marché suivant à la même banque :

- Une reprise du prêt immobilier actuel.
- La souscription d’un nouvel emprunt.

Dans cette configuration, on distingue le prêt immobilier sur la résidence principale de celui de l’investissement locatif. Ainsi en cas de problèmes financiers, un seul des biens sera concerné.

2/ Utiliser un dispositif de défiscalisation pour diminuer ses impôts

Qu’est-ce que la défiscalisation immobilière ?

Une loi de défiscalisation immobilière permet à un foyer fiscal d’acheter un logement, pour le louer pendant une durée déterminée, en échange de remises d’impôts. C’est un échange donnant-donnant, car l’État crée des emplois et des logements, et le particulier diminue ses impôts. Il s’agit en fait d’un moyen de faire appel aux capitaux privés pour relancer la construction de logements.

Deux lois de défiscalisation populaires

Les lois de défiscalisation les plus accessibles à la moyenne des investisseurs immobiliers, sont les dispositifs Duflot et Censi-Bouvard. Tous deux s’adressent à l’achat de neuf, tous deux imposent une mise en location pendant neuf ans, tous deux sont sujets au plafond global des niches fiscales de 10 000 €. La loi Duflot permet d’économiser jusqu’à 54 000 € d’impôts, la loi Censi-Bouvard autorise jusqu’à 33 000 € d’économie fiscale.

3/ Se jouer du plafond global de niches fiscales

Choisir le locatif outre-mer

Les contribuables lourdement imposés auront la possibilité d’opter pour le dispositif Duflot outre-mer. Le plafond de global des niches fiscales concernant les défiscalisations dans les DOM-TOM est de 18 000 €.

Investir hors niches fiscales

Une autre solution consiste à utiliser l’investissement en loi Malraux, et/ou en déficit foncier. Ces deux dispositifs s’adressent à l’investissement ancien, et n’entrent pas dans le calcul des niches fiscales. La loi Malraux impose de louer pendant neuf ans, le déficit foncier pendant trois ans. La loi Malraux permet d’économiser jusqu’à 30 000 € d’impôts par an pendant trois ans, le déficit foncier permet de diminuer la base d’imposition de 10 700 € par an. A savoir que ces deux projets doivent être séparés. On ne peut pas obtenir de déficit foncier avec un bien immobilier défiscalisé en loi Malraux. En revanche, on peut acheter un immeuble en loi Malraux, et un autre avec déficit foncier.

Malgré la pression fiscale, il reste toujours d’intéressantes solutions pour diminuer les impôts, tout en investissant dans l’immobilier locatif.

4/ Choisir une formule paix d’esprit

Pas de gestion, pas de loyers impayés

L’investissement immobilier locatif peut être effectué sans aucun travail de gestion, et sans risque de loyers impayés. L’achat de parts de SCPI et la location de résidence meublée permettent de lever tout impératif de regard de l’investisseur envers le locataire.

Acheter des parts de SCPI

Lorsqu’un foyer fiscal achète des parts de sociétés civiles de placement immobilier, les gérants leur versent un loyer appelé dividende. Les manques à gagner dus aux défauts de paiement sont répartis entre tous les associés, c’est le principe de la mutualisation. Entretien, gestion du personnel, comptabilité et assurance, toutes ces tâches sont à la charge de la société gestionnaire. Les associés reçoivent leur loyer tous les mois, sans plus d’efforts.

Investir dans une résidence meublée

Que la résidence meublée comprenne des logements étudiants, des locations de tourisme ou d’affaires, ou encore des EHPAD (Établissements Hospitaliers pour Personnes Âgées Dépendantes), c’est toujours un gestionnaire qui s’en occupe. Le ménage achète le logement, puis le loue à un exploitant, qui lui reverse un loyer fixe, indépendamment des circonstances économiques. Qui plus est, si le ménage choisi le statut fiscal de loueur meublé professionnel ou non-professionnel (LMNP ou LMP), il pourra récupérer la TVA. Cela représente une remise de l’ordre de 16 % sur le prix d’achat.

5/ Utiliser un apport important sans effort mensuel

Investir avec un prêt immobilier in fine

Lorsque l’on dispose d’un apport important, suite à un héritage par exemple, il est possible d’investir dans l’immobilier locatif sans effort mensuel. On utilise pour cela le recourt au prêt immobilier in fine. L’acheteur dépose son capital sur une épargne bloquée pour toute la durée du contrat. Pendant cette durée, ses mensualités ne seront composées que d’intérêts et de primes d’assurance emprunteur. Conséquence : les loyers perçus couvrent les mensualités, et l’investisseur n’a pas besoin de rajouter ses propres deniers. À l’issue du contrat, le capital déposé est récupéré par la banque. S’il existe un reliquat, il est reversé à l’investisseur.

Le prêt in fine, dispositif de défiscalisation

Étant donné que les intérêts d’un prêt in fine sont élevés, ils vont permettre à l’investisseur de déduire davantage de charges de sa base de revenus locatifs. En gestion de patrimoine, il arrive que l’on conseille à certains ménages propriétaires d’un parc immobilier, d’effectuer un autre achat en in fine afin d’alléger l’impact fiscal.

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Les dépenses de logement dans le viseur de Bercy

Bernard Cazeneuve, le ministre du Budget, veut cibler notamment l’enchevêtrement des dispositifs de défiscalisation en faveur de l’investissement immobilier locatif.

Après l’adoption définitive jeudi du projet de loi de finances (PLF) pour 2014, le gouvernement a désormais les yeux rivés sur le budget 2015. Avec une priorité: réduire les dépenses publiques de plus de 15 milliards, pour tenir l’engagement de Jean-Marc Ayrault d’une baisse de 50 milliards de 2015 à 2017. Désireux de montrer qu’il passe la vitesse supérieure, l’exécutif a annoncé mercredi à l’occasion du quatrième comité interministériel de la modernisation de l’action publique (Cimap) des pistes pour dégager 5 à 7 milliards d’euros d’économies à l’horizon 2017. Mais pour l’échéance de 2015, le premier ministre a parallèlement demandé à chaque ministre de proposer des coupes dans les dépenses. Pour accélérer le processus, Bernard Cazeneuve entamera dès janvier, au lieu de mars habituellement, des négociations qui s’annoncent serrées avec certains ministres. Le principe qui prévaut: «demander d’autant plus d’économies qu’une politique est moins efficiente» dans un domaine, explique le ministre du Budget.

Bercy semble particulièrement déterminé à trouver de nouvelles économies sur le logement. Le ministre du Budget cible notamment l’enchevêtrement des dispositifs de défiscalisation en faveur de l’investissement immobilier locatif (Périssol, Besson, Robien, Borloo, Scellier et désormais Duflot…). Autant de dispositifs – dont le coût devrait dépasser 1,5 milliard en 2014 (après 1,6 milliard en 2013), selon le rapport du député PS Christophe Caresche – que le Cimap, qui souhaite que «chaque euro dépensé soit un euro utile», entend d’ailleurs «rationaliser», sans remettre en cause l’objectif de construire 500.000 logements neufs par an d’ici à la fin du quinquennat.

Un coût de plus de 40 milliards

Il faut dire qu’il y a du grain à moudre. L’ensemble des dépenses fiscales – qui comprennent aussi les réductions de TVA ou les prêts à taux zéro – dans le domaine du logement est estimé à 14,3 milliards d’euros pour l’an prochain, contre 15,5 milliards en 2013. Quant au total des dépenses de l’État en faveur du logement (qui incluent aussi notamment les aides personnelles au logement), il atteindra 39,5 milliards en 2014 et même 41,3 milliards si on intègre les contributions des collectivités locales.

Inquiet déjà du risque de dérive de la garantie universelle des loyers (GUL) du projet de loi sur le logement de Cécile Duflot, le gouvernement a obtenu pour le budget 2014 un amendement pour la recentrer et réduire son coût à 400 millions d’euros par an à terme.

Dans le domaine de la santé, où Bercy a également identifié des gisements d’économies, le Cimap préconise sans surprise de développer le recours à la chirurgie ambulatoire et aux médicaments génériques. Les collectivités locales, qui verront déjà la dotation de l’État baisser de 1,5 milliard en 2014 et 2015, sont également dans le viseur de Bercy. Il s’agit de réfléchir à des économies qui pourraient être dégagées grâce à une meilleure coordination et à des mises en commun de dépenses. Dernière piste d’économie à laquelle réfléchit le ministère du Budget: travailler à des rapprochements au sein des 550 opérateurs de l’État (comme le CNRS ou Météo France).

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Professions immobilières : présentation du projet de loi Alur avant examen en 2e lecture

Cécile Duflot, ministre de l’Égalité des territoires et du Logement, a présenté le 16 décembre 2013 les principales dispositions du projet de loi ALUR, en vue du débat en 2e lecture au Parlement. Des précisions sont apportées au volet « professions immobilières » concernant en particulier les honoraires de location ou le compte séparé.

À la suite du vote du texte en première lecture, et après une concertation et un dialogue constructifs avec les professionnels de l’immobilier, le Gouvernement a déposé une série d’amendements sur trois dispositions du projet de loi relatives à la réglementation des professions immobilières.

« Ces modifications permettent d’apporter une réponse à certaines des inquiétudes exprimées par les professionnels quant à l’équilibre économique de leur activité, tout en gardant intacts les principes fondamentaux qui sous-tendent depuis l’origine le projet de loi. S’il est convaincu du rôle indispensable et positif que jouent les professionnels en faveur d’un meilleur fonctionnement des marchés de l’immobilier, le Gouvernement reste en effet déterminé à prendre des mesures ambitieuses et fortes pour lutter contre les abus d’une minorité de « braconniers de l’immobilier », restaurer la confiance avec les consommateurs et améliorer la transparence des marchés de l’immobilier »a déclaré la ministre Cécile Duflot, ministre de l’Égalité des territoires et du Logement.

La part des honoraires de location partagés entre bailleur et locataire

Le projet de loi prévoit que le bailleur prend en charge la totalité des honoraires liés à la mise en location de son bien, à l’exception des prestations qui bénéficient aux deux parties : la réalisation de l’état des lieux et la rédaction du bail. La réalisation de la visite et la constitution du dossier du locataire ont été ajoutées à ces prestations qui présentent une utilité pour le bailleur comme pour le locataire, et pour lesquelles il est donc légitime que la charge soit partagée entre les deux parties.

Pour éviter les dérives et mettre fin à l’indexation automatique des honoraires sur le montant du loyer mensuel, le montant total imputé au locataire par les agents immobiliers ne pourra excéder celui du bailleur et sera inférieur ou égal à un plafond qui sera fixé par voie réglementaire. Ce plafond sera fixé par mètre carré de surface habitable et selon la localisation du bien loué. La fixation du plafond se fera en toute transparence et en concertation avec les associations de consommateurs et les syndicats professionnels.

Gestion des copropriétés : le compte séparé

Pour établir plus de transparence dans l’activité du syndic et l’usage qu’il fait des fonds du Syndicat des copropriétaires (gestion courante, appels de fonds pour travaux, etc.), le projet de loi Alur modifie l’article 18 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis et supprime la possibilité de dérogation à l’obligation de l’instauration du compte séparé.

Afin de tenir compte de la particularité des petites copropriétés pour lesquelles les enjeux financiers sont moins importants et une certaine mutualisation est nécessaire afin d’en limiter les coûts de gestion, un cas de dérogation au compte séparé est rétabli, uniquement pour les copropriétés de moins de 15 lots principaux et après un vote de l’assemblée générale des copropriétaires. Le projet de loi Alur précise cependant qu’il est alors interdit pour les syndics de proposer des honoraires différenciés selon que l’assemblée générale fait le choix d’un compte séparé ou non.

Enfin, afin de tenir compte des temps d’adaptation dont ont besoin les professionnels pour mettre en œuvre ces nouvelles dispositions, la suppression de la dérogation au compte séparé entrera en vigueur dans un délai d’un an à compter de la promulgation de la loi et s’appliquera à partir de la date de renouvellement des mandats de syndics en cours.

Le conseil national de la transaction et de la gestion immobilières

« Actuellement, il n’existe pas de code ou de règles déontologiques officielles communes à l’ensemble des professions immobilières. Pour pouvoir sanctionner certains professionnels peu scrupuleux et rétablir des relations de confiance entre les consommateurs et le reste de la profession, qui constitue la très grande majorité, le projet de loi Alur prévoit de créer un nouveau cadre de régulation », indique la ministre.

Ce cadre consiste, d’une part, en la création d’un Conseil national de la transaction et de la gestion immobilières, qui aura la responsabilité de représenter la profession et de veiller à la moralité et à la compétence des agents immobiliers et, d’autre part, en l’instauration de commissions de contrôle, présidées par des représentants de l’État, chargées de sanctionner les agissements contraires à la réglementation ou à la déontologie.

La composition de ce conseil est désormais précisée dans le projet de loi. Il est à majorité constitué de professionnels choisis sur proposition des syndicats professionnels ou d’une union des syndicats professionnels, en veillant à assurer la représentativité de la profession. Le Conseil comprend également des représentants des consommateurs choisi parmi les associations de défense des consommateurs agréées œuvrant dans le domaine du logement, et y siègeront de droit les représentants des ministres en charge de la Justice, du Logement et de la Consommation.

Les missions de ce Conseil sont centrées sur la proposition à l’État :

  • des règles déontologiques pour toute la profession ;
  • du contenu des formations initiales et continues obligatoires pour tout agent immobilier et des conditions de leur mise en œuvre ;
  • des représentants de la profession qui siègeront au sein des commissions de contrôle.

Le Conseil sera obligatoirement consulté par l’État sur tout texte concernant les activités exercées par les agents immobiliers.

L’examen du texte du projet de loi ALUR en séance par les députés est prévu les 14 et 15 janvier 2014. Le texte sera ensuite débattu au Sénat à la fin du mois de janvier 2014.

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Faire construire coûte de plus en plus cher

Acheter un terrain et y construire sa maison, le rêve de beaucoup de Français, revient de plus en plus cher. Explications et cartographie des zones où cet idéal peut se réaliser… à moindres frais.

Depuis la crise, faire construire sa maison coûte de plus en plus cher. 210 800 euros, en moyenne, pour l’achat d’un terrain et la construction d’une maison, d’après les derniers chiffres du Commissariat général au développement durable. C’est 2,1 % de plus que l’an passé, qui accusait déjà une hausse de 6,4 % du coût de cet investissement.

70 400 EUROS POUR UN TERRAIN À BÂTIR

Première explication à cela, le prix des terrains qui ne cesse d’augmenter depuis 2008. Les ménages qui ont reçu une autorisation de construire en 2012 le savent. Ils ont dépensé en moyenne 70 400 euros pour l’achat d’un terrain de 1 072 m2 en moyenne. C’est 1,9 % de plus que ceux qui ont acquis un terrain en 2011, alors que ces derniers ont acheté plus grand : 1 107 m2, en moyenne.

LA MAISON À 147 900 EUROS EN MOYENNE 

Outre le terrain, le prix des maisons a lui aussi augmenté. De 2,8 %, s’élevant à 147 900 euros en 2012 en moyenne, pour une superficie un peu plus grande qu’en 2011 d’environ 125 m2. Et pour cause : seuls 29 % des particuliers supervisent leurs travaux eux-mêmes, plus de la moitié s’en remettent à des professionnels. Or un architecte facture en moyenne 1500 euros le mètre carré qui revient à seulement un peu plus de 1 000 euros au particulier qui prend en charge la gestion du chantier.

TERRAINS PAS CHERS DANS LE LIMOUSIN

Pour réduire les frais d’un projet d’achat de terrain et de construction, outre choisir de superviser soi-même le chantier (encore faut-il avoir le temps et les dispositions pour), il faut savoir que les prix des terrains et des maisons ne sont pas les mêmes partout.  Sans surprise, la région où les terrains sont les plus chers – parce que plus rares – c’est l’Ile-de-France. Il vous faudra compter environ 152 500 euros pour un terrain d’environ 725 m2 dans ou proche de la capitale, alors qu’en Limousin, où le prix des terrains défie toute concurrence, les acheteurs dépensent 35 600 euros pour un terrain presque trois fois plus grand (1948 m2).

204 700 EUROS POUR UNE MAISON EN ALSACE

Si vous voulez économiser sur le prix de la maison, foncez dans les départements d’outre-mer (Guyane, Martinique, Guadeloupe, Réunion, Mayotte). Vous pourrez y faire construire une maison d’une centaine de mètres carrés pour 128 300 euros. En France métropolitaine, c’est dans le Languedoc-Roussillon et en Picardie que les maisons à construire coûte le moins cher : 129 300 euros pour une surface moyenne de 120 m2 en Languedoc-Roussillon et 131 500 euros pour près de 122 m2 en région picarde. Une somme bien inférieure aux 204 700 euros que vous coûterait la construction d’une maison d’environ 157 m2 en Alsace, région la plus chère.

TOP 3 DES RÉGIONS LES PLUS ET LES MOINS CHÈRES POUR ACHETER UN TERRAIN

Régions où les terrains sont les plus chers Régions où ils sont les moins chers
Ile-de-France152 500 euros en moyenne pour environ 725 m2 Limousin35 600 euros en moyenne pour près de 1 948 m2
Provence-Alpes-Côte d’Azur144 500 euros pour près de 1 123 m2 Auvergne47 600 euros en moyenne pour 1 299 m2
Corse102 100 euros pour pas loin de 1 603 m2 Poitou-Charentes47 700 euros pour 1 036 m2

TOP 3 DES RÉGIONS LES PLUS ET LES MOINS CHÈRES POUR FAIRE CONSTRUIRE UNE MAISON

Régions où les maisons à construire sont les plus chères Régions où elles sont les moins chères
Alsace204 700 euros pour 157 m2 DOM128 300 euros pour 103 m2
Corse179 700 euros pour 128 m2 Languedoc-Roussillon129 300 euros pour 120 m2
Ile-de-France177 000 euros pour 132 m2 Picardie131 500 euros pour 122 m2

(Source)