Maître Laurent Mompert « Une baisse mais pas d’effondrement des prix »

Evolution de l’activité, prix du marché, fiscalité…Laurent Mompert, porte-parole des Notaires de France dévoile aussi les attentes de sa profession pour relancer le secteur du logement.

Club Immo : En dépit de taux bas et de tendance à la baisse des prix, l’activité tourne toujours au ralenti. Pourquoi et jusqu’à quand cela peut-il durer ?

Laurent Mompert : Effectivement, les taux d’intérêts sont bas et le marché tourne au ralenti. Il faut dire également que les banquiers ont tendance à être un peu plus rigoureux dans l’octroi des prêts et demandent un apport personnel conséquent. En ce qui concerne le  volume des transactions dans l’ancien,  la baisse sur un an, depuis le mois de février 2012 est d’environ 22%. Cette baisse a tendance à s’accélérer depuis le début de l’année. L’activité est au ralenti car elle est le reflet de l’incertitude économique. Ceux qui se lancent dans l’aventure immobilière ont besoin de garanties car c’est un parcours que l’on doit appréhender sur le long terme. Il faut des garanties sur ses revenus et l’emploi est aujourd’hui fragilisé. Il faut également des règles pérennes en matière de fiscalité, ce qui n’est pas le cas.

Comment évoluent les prix ?

La tendance est plutôt à la baisse, à la correction mais il n’y a pas d’effondrement. Au niveau national, les prix des maisons ont baissé d’environ 2 % l’an dernier et de 1,3 % pour les appartements. Cette résistance est due au fait que nous n’avons pas de bulle spéculative en France comme ce fut le cas dans d’autres pays comme l’Espagne par exemple.  Il est difficile de prévoir comment les prix vont évoluer cette année. Le gouvernement semble avoir pris conscience de l’urgence pour relancer le marché immobilier. A Alfortville, le Président François Hollande a notamment annoncé la mise en place de mesures pour limiter les recours abusifs contre les permis de construire afin de libérer l’offre neuve. De son côté, Cécile Duflot prépare une loi sur le logement. Notre profession fera d’ailleurs des propositions concrètes à ce sujet.

Quelles sont les principales attentes du  Conseil supérieur du Notariat ?

Tout d’abord au niveau des terrains à bâtir, si l’on veut construire, il faut inciter ceux qui en détiennent en portefeuille à les remettre sur le marché. Il faut également fluidifier le parcours  résidentiel, en facilitant notamment  l’accession des primo accédants qui sont les moteurs de ce marché. Une autre piste qui nous semble intéressante concerne la création du statut  du bailleur social privé. Un placement immobilier dans le logement social pourrait générer des revenus et intervenir comme un complément de retraite. Il faudrait encourager la création de ce statut en sécurisant l’investisseur en terme de rentabilité, ce qui nécessite de maîtriser les coûts afin d’avoir des prix incitatifs et développer le logement social. L’immobilier reste un bon placement d’autant qu’il y a des incertitudes sur les marchés financiers.

En quoi faut–il être particulièrement attentif quand on veut vendre ou acheter un bien immobilier ?

Quand on achète un bien, il faut être rigoureux. C’est un acte important qui engage sur le long terme.  Il faut bien étudier l’ensemble des conditions de la vente, être vigilant sur d’éventuels travaux, sur la situation liées aux normes en vigueur. Par exemple, il faut  faire attention à l’assainissement ou la sismicité si le bien est situé dans une zone à risques. Quant on est vendeur, il faut vendre au bon prix afin d’y parvenir plus vite.  En tant qu’experts, n’oublions pas que les notaires disposent de toutes les bases immobilières susceptibles de déterminer un prix.

(Source : www.explorimmo.com)