La végétalisation et les éco-quartiers, une réponse aux inégalités environnementales

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Le Conseil économique, social et environnemental a voté à l’unanimité, mercredi 14 janvier, le projet d’avis qui préconise d’agir en particulier sur les déterminants socio-économiques et environnementaux de santé.

Objet de peu d’études, l’inégalité environnementale, étroitement liée à l’inégalité sociale, est en train de s’imposer dans le débat public. Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a choisi de s’emparer du sujet à travers son projet d’avis  « inégalités environnementales et sociales : identifier les urgences, créer les dynamiques » initié en mai 2012. Il s’est basé sur des travaux réalisés aux Etats-Unis et au Royaume-Uni sur les thèmes de la justice environnementale et de la précarité énergétique.

Le CESE pense que les inégalités liées à la santé doivent constituer une priorité. Voté à l’unanimité mercredi 14 janvier, son avis liste un ensemble de préconisations en direction des pouvoirs publics qui visent à agir sur les déterminants socioéconomiques et environnementaux de santé afin de réduire les inégalités et éviter qu’elles se développent. « Toutes les populations se sont pas à égalité face aux changements climatiques, à l’accès à l’énergie, à l’eau potable, aux pollutions et à la destruction des écosystèmes, souligne Pierrette Crosemarie, rapporteure du projet. Les propositions que nous avons définies apporteront plus de cohésion dans la société. »

« Il faut agir sur les expositions aux risques et les sources d’expositions », insiste Pierrette Crosemarie. Dans une logique préventive, le CESE a identifié plusieurs « urgences » à résoudre : réduire les nuisances (sonores…), améliorer la qualité de l’air et des services de santé (lutter notamment contre la désertification) et développer les politiques d’aménagement et d’urbanisme.

Eviter les phénomènes d’éviction en milieu urbain

 

C’est d’ailleurs en ville, territoire qui cristallise les inégalités environnementales, que l’action doit être abordée en priorité, estime le Conseil. La végétalisation des espaces et le développement des éco-quartiers sont deux solutions mises en avant. « Réintroduire la nature en milieu urbain permettra de faciliter l’accès aux aménités environnementales à toutes les populations et apportera plus de solidarité territoriale et évitera les phénomènes d’éviction », précise la rapporteure.

Le Conseil propose également de localiser et requalifier les friches et dents creuses ainsi que végétaliser les toitures. « Sur ce point, la France a du retard », regrette Pierrette Crosemarie. Chaque année, près de 1 million de mètres carrés de toitures et terrasses vertes sont installées dans l’Hexagone, contre 13 millions en Allemagne. « La végétalisation améliore le microclimat des centres-villes et aurait une véritable incidence lors des épisodes caniculaires, pendant lesquelles le nombre de victimes est bien plus élevé en ville. » Le CESE recommande également aux métropoles d’intègrer plus de jardins familiaux et thérapeutiques, « facteurs de cohésion sociale ».

Politique globale de lutte contre la précarité énergétique

Agent d’aggravation de la santé publique et d’exclusion sociale, la précarité énergétique n’a pas non plus été épargnée par le rapport du CESE. Dépenses sanitaires liées à des maladies chroniques, maintien plus difficile des personnes âgées à domicile, détérioration du patrimoine, le Conseil préconise la mise en place d’une politique globale de lutte contre la vulnérabilité des ménages. « 11,5 millions de personnes sont concernées », rappelle Pierrette Crosemarie. La rapporteure applaudit cependant les objectifs que s’est fixé le projet de loi sur la transition énergétique ainsi que le programme « habiter mieux » de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), dont « il faut renforcer les moyens ».

« Nous devons prôner une nouvelle approche écologique qui assure la sauvegarde des écosystèmes naturels et le respect des droits fondamentaux de tous. Nous espérons que les pistes d’action que nous avons proposées pourront permettre de changer de paradigme », conclut le rapport.