Archives mensuelles : janvier 2015

Cabanes à 20.000 euros : les nouvelles résidences secondaires

(Source)

Véritable phénomène aux États-Unis, les «tiny houses» connaissent un succès croissant en France. Mobiles, écologiques et peu chères, elles séduisent les hippies chic, et désormais bien au delà.

«Vivre dans un petit habitat, ce n’est pas simplement avoir une micromaison, (…) c’est également faire ce qui vous rend heureux, poursuivre vos objectifs, vos rêves», assure Ryan Mitchell, créateur du site américain thetinylife.com.( littéralement la mini-vie). Une nouvelle façon d’être libre, puisque ces petites cabanes réenchantent le mythe de la route, très fort aux États-Unis. De la roulotte des pionniers ou fous des camping-cars géant. Mais cette fois, la maison est en bois, zen.

Les propriétaires de ces maisons forment une véritable communauté active, plutôt écolo. Ces nouveaux hippies chic défendent la tiny house comme une nouvelle philosophie de vie et content ses effets positifs sur moult sites Internet. Entre propagande et conseils pratiques, pour inciter les indécis à sauter le pas.

Vue de la mezzanine. (Crédit: Thomas Jouanneau/ Signature)
 

Une origine disputée

Outre-Atlantique, ce mouvement est né grâce à Jay Shafer, Gregory Paul Johnson, Shay Salomon et Nigel Valdez, fondateurs de la «Small house society», qui a pour but de «supporter toutes les recherches, les développements et les utilisations de plus petits espaces de vie», précise le site. Devenus des militants sociaux, ces anciens professionnels de l’urbanisme et de la conception de maison se sont lancés dans cette aventure en 2002. Les ravages provoqués par l’ouragan Katrina, en 2005, et la crise économique de 2008 ont largement contribué à rendre célèbre les «tiny houses» car elles offraient à ce moment un habitat à moindre coût et rapidement disponible.

Cabanon de Le Corbusier
 

Cependant, certains pourraient considérer que la première micromaison est né en 1952 à Roquebrune-Cap-Martin, dans le département des Alpes-Maritimes, des mains du célèbre architecte et urbaniste, Le Corbusier, et de son collaborateur, Fernand Gardien. Ensemble, ils ont construit un cabanon avec l’objectif d’y installer tout le nécessaire pour vivre dans un minimum d’espace. Toutefois, à la différence de la plupart des «tiny houses» américaines, cette maison est fixe.

Un micro-cottage aux Etats-Unis. (Crédit: Susanne Nilsson/Flickr/CC)
 

Plusieurs utilisations possibles

En France, ces petites maisons sont aux prémices de leur histoire. Michaël Desloges, cofondateur du sitelatinyhouse.com, fait partie des rares qui ont fait de la construction des micromaisons leur métier. D’abord convoitées par les nostalgiques de la cabane dans les bois, ces mini-maisons attirent maintenant de nouveaux résidents. «Avec l’explosion du prix des logements, la tiny house arrive au bon moment. Les personnes ne veulent plus louer pour 500 ou 700 euros par mois. Ces maisons leur permettent de ne pas payer de loyer et les charges à l’année sont très faibles», analyse-t-il.

Un habitat utilisable en toute saison (Crédit: Tammy Strobel/Flickr/CC)
 

Mais à le croire, ce n’est pas qu’une question d’argent. «Il n’y a pas de profil type chez les acheteurs, cela concerne des gens en quête de décroissance, des envies de nomadisme ou encore vouloir agrandir sa maison en y ajoutant une dépendance pour y accueillir ses parents ou pour les enfants», explique l’ancien boulanger, qui a déjà vendu deux maisons et en prépare quatre nouvelles. Pour une «tiny house» de 15 à 18 m² où l’on peut vivre à deux, les prix varient de 18.000 à 30.000 euros avec environ 300 à 400 euros de charge par an.

Version française de la micromaison avec le Mont Saint-Michel en fond. (Crédit: Thomas Jouanneau/ Signature)
 

Des limites juridiques contraignantes

Toutefois, le monde merveilleux des micromaisons connaît certaines limites légales. Le code de la route prévoit que la largeur sur les routes ne peut pas excéder 2,55 mètres et limite aussi le poids. «Les États-Unis ont beaucoup moins de normes que nous, il est possible de construire des maisons de quatre ou cinq tonnes, alors qu’en France nous sommes limités à 3,5», critique le constructeur.

De plus, la micromaison peut rester trois mois maximum au même endroit s’il s’agit d’un camping ou d’un terrain municipal autorisé comme pour les caravanes. Il n’y a pas de limite de temps pour un terrain privé mais attention seul un conducteur disposant d’un permis de conduire de catégorie E pourra déplacer la maison.

Une micromaison américaine (Crédit: Mark Moz/Flickr/CC)
 

Enfin, le propriétaire peut devenir éligible à la taxe dite «cabane de jardin», qui s’applique pour tout les espaces de plus de 5 m² avec une hauteur sous plafond d’au moins 1,80 mètre. Entrée en vigueur en 2012, son taux est fixé par le conseil général du département et par la commune mais certaines mairies ne l’ont pas mise en place la trouvant injuste.

Un sentiment de liberté

Mais au au-delà de toutes ces questions légales et pratiques, la micromaison reste avant tout un moyen de s’évader. D’un espace habitable supplémentaire pendant l’année, elle peut devenir une résidence principale le temps des vacances. Isolation, double vitrage et renouvellement de l’air sont prévus dans la plupart des maisons et du fait de sa petite taille un simple radiateur électrique ou un petit poêle à bois suffiront à la chauffer.

Un habitat pour découvrir de nouveaux espaces(Crédit: Tammy Strobel/Flickr/CC)
 

Un chauffe-eau à ventouse est également prévu dans la salle de bain et pas d’inquiétude à avoir pour l’électricité puisque que la maison est déjà câblée. Une source d’énergie extérieure est néanmoins nécessaire sauf à installer des panneaux solaires sur le toit.

Fin prête à affronter les routes et les climats, c’est le moment de choisir sa destination ou d’affronter l’inconnu. Le temps de poser la micromaison là où règne la nature, là où rien n’entrave la vue. Pour s’offrir une trêve.

Ce que l’orientation des rues de Paris nous dit de son histoire

(Source et article complet sur Slate.fr)

La géométrie de la capitale nous raconte les principaux épisodes de son développement.

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Ceci est une carte visant à révéler l’orientation des rues de Paris. Si elle paraît sophistiquée, sa matière première n’en est pas moins sommaire: les tracés de voies du projet OpenStreetMap.

La couleur d’une rue dépend de son angle sur une échelle de 0 à 90°: deux teintes ont été utilisées, jaune-orangé et magenta, et elles sont d’autant plus claires que l’on se rapproche de l’axe méridien (Nord-Sud) ou parallèle (Est-Ouest). Cet éventail de couleur est organisé de façon à ce que deux rues perpendiculaires aient la même couleur et à ce qu’une rue qui «perturbe» un quartier bien ordonné ait une couleur différente.

Certaines formes sur la carte, par le jeu des couleurs et des juxtapositions, ont éveillé ma curiosité. Simple géomaticien, peu rompu à l’histoire et à l’urbanisme, je me suis réduit à détailler le procédé de fabrication de la carte sur mon blog. Plus tard, je me suis lancé dans un travail d’investigation afin de tenter de la comprendre.

De manière générale, Paris s’est développée par à-coups. Ses différentes enceintes en sont la trace. Un réseau de rues peut se développer progressivement à partir d’un axe de circulation en de multiples ramifications, tel les nervures d’une feuille. Il peut aussi être bousculé par des évènements politiques, historiques.

1/LA CARTE REGARDEE DE LOIN.

Convergence

À l’instar d’un tableau, une carte dévoile des choses différentes selon la distance à laquelle on la regarde. Voyons ce que nous réserve une vision globale de la carte.

Par son jeu de lignes, l’ossature de Paris nous rappelle constamment à son berceau, l’île de la Cité. Cette île vit la naissance de Lutèce, en 52 av. J.C., après la victoire de Jules César sur Vercingétorix. À mesure que l’on s’en éloigne, les voies semblent régies par d’autres polarités. Le déplacement dans l’espace suit celui du temps.

Parallèles

Les rues épousent souvent des parallèles aux voies navigables: la Seine et ses canaux. Ces derniers ont constitué une épine dorsale à partir de laquelle s’est développée la ville.

L’historien du XVIIIe siècle Jules Michelet qualifiait d’ailleurs la Seine de «grande rue»: ses rives accueillaient, jusqu’au XIXe siècle, moulins, abattoirs, tanneries, établissements de bains, blanchisseries, pompes à eau, activités de pêche. Jusqu’à l’arrivée du chemin de fer, les deux tiers environ de l’approvisionnement de Paris arrivaient par la Seine.

Cardo Maximus

A l’intérieur de l’enceinte Charles V (XIVe siècle) et de l’enceinte de Philippe-Auguste(XIIIe siècle), dont les périmètres figurent sur l’image ci-dessous, le réseau de rues est largement perpendiculaire.

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Suite)

Une commune sur deux ignore la loi SRU

(Source)

La loi SRU oblige toutes les communes de plus de 3500 habitants à avoir 20 % de HLM dans leur parc de logement, mais certaines grandes villes ne la respectent pas.

Manuel valls n’est pas le premier chef de gouvernement à vouloir développer la «mixité sociale» dans les villes, censée permettre à des familles pauvres de s’installer dans des communes riches. En décembre 2000, Lionel Jospin, alors premier ministre, avait fait adopter la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbains) qui obligeait toutes les communes de plus de 3500 habitants à avoir 20 % de HLM dans leur parc de logement.

«Quinze ans après, le bilan de cette loi est mitigé», admet Jean-Louis Dumont, président de l’USH (Union sociale pour l’habitat), qui regroupe les organismes HLM. Selon les derniers chiffres officiels qui datent de 2011, sur les 770 communes astreintes à cette obligation, 330 ne la respectent pas. LaFondation Abbé Pierre pointe régulièrement du doigt les «mauvais élèves»: «Par exemple, pour la dernière période connue (2008-2010), Toulon, Saint-Maur-des-Fossés, Le Vésinet et Biarritz n’ont pas joué le jeu», affirme Patrick Doutreligne, secrétaire général de cette fondation qui tient néanmoins à ajouter: «Ce texte a quand même permis de construire 25.000 à 30.000 logements par an.» Et, ces dernières années, de très grandes métropoles comme Paris, Lille ou Grenoble ont dépassé la barre des 20 % de HLM.

 Mais les dernières élections municipales n’ont pas été favorables à la loi SRU. Plusieurs maires élus en 2014 ont bloqué des programmes immobiliers comprenant des HLM. «On l’a constaté à Longjumeau et à Palaiseau», illustre Patrick Doutreligne.«Entre 10.000 et 20.000 logements ne sortent pas de terre à cause de l’opposition des maires», affirme Jean-Louis Dumont.

Amendes quintuplées

Si cette loi n’a pas eu le succès escompté, c’est d’abord que les villes ne prenaient pas grand risque à ne pas la respecter. «La pénalité infligée était ridicule: 150 euros par logement manquant, explique Patrick Doutreligne. D’un strict point de vue financier, ça coûtait moins cher de la payer que de construire des HLM qui entraînent des coûts pour les villes (places en crèche, à l’école primaire…).» «Beaucoup de maires préfèrent payer ces pénalités car ils ont peur de devoir accueillir une majorité de chômeurs s’ils construisent des HLM», ajoute Jean-Louis Dumont.

La situation devrait changer car, en 2013, Cécile Duflot, alors ministre du Logement, a durci les sanctions en cas de non-respect de la loi SRU. Les pénalités ont été quintuplées. En même temps, le curseur est passé à 25 % de logements sociaux dans les très grandes villes contre 20 % jusqu’à maintenant.

Ces obligations modifieront-elles la donne? La question se pose au regard du respect en pointillé de la loi SRU votée en 2000. «Elle a été mal appliquée car très peu de villes étaient sanctionnées quand elles s’abstenaient de remplir leurs obligations, estime le patron d’un gros organisme HLM. Quand elles disaient ne pas avoir de réserve foncière, l’État ne vérifiait pas si c’était vrai.»

La végétalisation et les éco-quartiers, une réponse aux inégalités environnementales

(Source)

Le Conseil économique, social et environnemental a voté à l’unanimité, mercredi 14 janvier, le projet d’avis qui préconise d’agir en particulier sur les déterminants socio-économiques et environnementaux de santé.

Objet de peu d’études, l’inégalité environnementale, étroitement liée à l’inégalité sociale, est en train de s’imposer dans le débat public. Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a choisi de s’emparer du sujet à travers son projet d’avis  « inégalités environnementales et sociales : identifier les urgences, créer les dynamiques » initié en mai 2012. Il s’est basé sur des travaux réalisés aux Etats-Unis et au Royaume-Uni sur les thèmes de la justice environnementale et de la précarité énergétique.

Le CESE pense que les inégalités liées à la santé doivent constituer une priorité. Voté à l’unanimité mercredi 14 janvier, son avis liste un ensemble de préconisations en direction des pouvoirs publics qui visent à agir sur les déterminants socioéconomiques et environnementaux de santé afin de réduire les inégalités et éviter qu’elles se développent. « Toutes les populations se sont pas à égalité face aux changements climatiques, à l’accès à l’énergie, à l’eau potable, aux pollutions et à la destruction des écosystèmes, souligne Pierrette Crosemarie, rapporteure du projet. Les propositions que nous avons définies apporteront plus de cohésion dans la société. »

« Il faut agir sur les expositions aux risques et les sources d’expositions », insiste Pierrette Crosemarie. Dans une logique préventive, le CESE a identifié plusieurs « urgences » à résoudre : réduire les nuisances (sonores…), améliorer la qualité de l’air et des services de santé (lutter notamment contre la désertification) et développer les politiques d’aménagement et d’urbanisme.

Eviter les phénomènes d’éviction en milieu urbain

 

C’est d’ailleurs en ville, territoire qui cristallise les inégalités environnementales, que l’action doit être abordée en priorité, estime le Conseil. La végétalisation des espaces et le développement des éco-quartiers sont deux solutions mises en avant. « Réintroduire la nature en milieu urbain permettra de faciliter l’accès aux aménités environnementales à toutes les populations et apportera plus de solidarité territoriale et évitera les phénomènes d’éviction », précise la rapporteure.

Le Conseil propose également de localiser et requalifier les friches et dents creuses ainsi que végétaliser les toitures. « Sur ce point, la France a du retard », regrette Pierrette Crosemarie. Chaque année, près de 1 million de mètres carrés de toitures et terrasses vertes sont installées dans l’Hexagone, contre 13 millions en Allemagne. « La végétalisation améliore le microclimat des centres-villes et aurait une véritable incidence lors des épisodes caniculaires, pendant lesquelles le nombre de victimes est bien plus élevé en ville. » Le CESE recommande également aux métropoles d’intègrer plus de jardins familiaux et thérapeutiques, « facteurs de cohésion sociale ».

Politique globale de lutte contre la précarité énergétique

Agent d’aggravation de la santé publique et d’exclusion sociale, la précarité énergétique n’a pas non plus été épargnée par le rapport du CESE. Dépenses sanitaires liées à des maladies chroniques, maintien plus difficile des personnes âgées à domicile, détérioration du patrimoine, le Conseil préconise la mise en place d’une politique globale de lutte contre la vulnérabilité des ménages. « 11,5 millions de personnes sont concernées », rappelle Pierrette Crosemarie. La rapporteure applaudit cependant les objectifs que s’est fixé le projet de loi sur la transition énergétique ainsi que le programme « habiter mieux » de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), dont « il faut renforcer les moyens ».

« Nous devons prôner une nouvelle approche écologique qui assure la sauvegarde des écosystèmes naturels et le respect des droits fondamentaux de tous. Nous espérons que les pistes d’action que nous avons proposées pourront permettre de changer de paradigme », conclut le rapport.

Paris, marché atypique et laboratoire du logement

(Source)

Encadrement des loyers, hausse de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires… la ville de Paris expérimente des dispositifs qui font bondir les acteurs du marché de l’immobilier.

Sans vraiment le vouloir, la ville de Paris devient une sorte d’incubateur des nouvelles mesures adoptées dans le cadre de la politique du logement. Il y a par exemple fort à parier qu’elle sera la seule ville à appliquer la très polémique mesure sur l’encadrement des loyers – laquelle risque d’être supprimée si la droite reprend le pouvoir en 2017-, ainsi que la première à mettre en œuvre la non moins sulfureuse majoration de 20% de la taxe d’habitation adoptée dans le cadre de la loi de finances rectificative de 2014.

Ces deux mesures ont suscité une levée de boucliers quasi unanime chez les acteurs de l’immobilier. Surtout celle sur l’encadrement des loyers, engagement de campagne numéro 22 du président de la République François Hollande.

Le faible impact de l’encadrement des loyers

Porté par l’ancienne ministre du Logement Cécile Duflot, l’encadrement des loyers a été adopté par les deux chambres du Parlement… mais il ne verra finalement le jour que dans la capitale, du fait du revirement du gouvernement qui a utilisé les décrets publiés après le vote de la loi pour en réduire le périmètre.

Pour mémoire, le dispositif prévoit que, à la signature d’un nouveau bail, le loyer d’un logement ne puisse ni excéder de 20% ni être inférieur au loyer médian fixé par le préfet et calculé auparavant par un observatoire local, en l’occurrence l’Olap. Celui-ci a découpé Paris en 80 quartiers et 14 zones, et affinera ensuite ses données par catégorie de logement.

Certes, Paris appliquera normalement la mesure dans les prochains mois, mais elle ne devrait avoir qu’un effet limité : environ 10% des loyers seront abaissés, alors que 10% – trop bas –  seront augmentés. Ceux qui vont le plus profiter de la baisse des loyers seront ceux qui louent les plus petites surfaces, dont les loyers au mètre carré sont les plus élevés, principalement des étudiants.

Une surtaxe pour réduire la pénurie de logements ?

L’encadrement des loyers aura donc finalement un impact très limité, malgré deux ans de débats nourris. En parallèle, le Conseil de Paris devrait adopter rapidement la mise en œuvre d’une autre mesure qui a provoqué l’indignation de certains professionnels du secteur : la surtaxe de 20% sur les résidences secondaires, sous certaines conditions. Paris clame depuis plusieurs mois son envie d’instaurer une telle mesure pour inciter les propriétaires à mettre leurs résidences en location. « Il est invraisemblable qu’il y ait à Paris intramuros des résidences occupées seulement une semaine par an, alors même que l’on souffre d’une telle pénurie de logements« , explique Ian Brossat, adjoint à la mairie de Paris chargé du Logement. Le nombre potentiel de résidences secondaires surtaxées est de 90.000. Celles-ci étant principalement concentrées dans les arrondissements du centre de la capitale.

Du reste, le taxe d’habitation est pour un logement type deux fois, voire trois fois inférieure dans la capitale comparée aux autres villes françaises, si l’on en croit le Forum pour la gestion des villes et des collectivités locales. Une hausse devrait donc être intégrée sans difficulté par les ménages parisiens propriétaires d’une résidence secondaire. Et il y a fort à parier que, au final, il n’y ait pas davantage de logements mis sur le marché, mais plutôt davantage de recettes fiscales pour la municipalité, qui évalue d’ailleurs à une somme entre 20 et 25 millions d’euros par an le montant supplémentaire qui sera collecté. De quoi alimenter le budget prévu pour accroître l’offre de logements sociaux indique-t-on du côté de l’Hôtel de Ville.

Un marché immobilier atypique

D’autres dispositifs sensibles, comme la transformation de bureaux en logements, la préemption d’appartements seuls ou l’incitation à la mise en location de logements vacants sont portés par la Ville de Paris.

Mais alors, comment arrive-t-elle à mettre en œuvre de telles mesures qui, si elles étaient imposées au niveau national, provoqueraient des levées de boucliers rédhibitoires ? S’il ne faut pas occulter la volonté politique du moment de mettre le paquet sur la politique du logement, les raisons sont surtout à trouver dans la structure du marché de l’immobilier parisien, très atypique : l’offre potentielle y est très limitée par rapport au nombre de ménages. Et, à l’inverse, la demande y est quasiment illimitée.

Résultat, les prix (8.230 euros du mètre carré en moyenne à fin 2014 selon Century 21) y sont deux à trois fois plus élevés que dans le reste des agglomérations de l’Hexagone. Dans l’impossibilité d’acheter, les ménages locataires y sont devenus majoritaires. A Paris, « le parc locatif atteint 727.865 logements soit 61,5% des résidences principales. Il est, en proportion, nettement plus important que le parc locatif de France métropolitaine (10.870.825 logements, soit 39,8% des résidences principales)« , explique l’Atelier parisien d’urbanisme. Les politiques visant à instaurer plus de justice en faveur des locataires sont donc davantage acceptées à Paris. Sans oublier que les inégalités patrimoniales y sont exacerbées…

Interview de Pascal Salviani, Dr House Immo à Saint Laurent du Var

Pourquoi avoir rejoint Dr House Immo ?

PS : Le nom m’a interpellé. Je voulais savoir ce qu’il y avait derrière. Ca pouvait être des plaisantins, très doués en jeux de mots, mais totalement incapables de faire de l’immobilier. Et bien pas du tout, j’ai été agréablement surpris. Mas rencontre avec Nicolas s’est très bien passée, il m’a rassuré, il a écouté ce que je disais et m’a proposé une solution intelligente adaptée à mon projet. On n’a pas mis longtemps à se décider.

 

Expliquez nous votre parcours

PS : Ca fait maintenant des nombreuses années que je suis dans le métier. On ne compte plus à partir d’un certain nombre d ‘années. Et puis mon fils travaille avec moi maintenant… Le parcours c’est une chose, mais l’énergie, le moteur, c’est de se projeter et de voir où l’on sera demain. Mon parcours a été ce qu’il a été, on ne le changera pas. Maintenant il m’a amené aujourd’hui et ici : dans une agence familiale, avec une équipe jeune et dynamique, prête pour de nouvelles aventures

 

Quelle est votre vision de l’immobilier ?

PS : Avec le temps l’immobilier évolue. Il n’y a pas un secteur immobilier qui est figé et qui se définit. On vit l’immobilier en participant à la vie du quartier ou de la ville où l’on exerce. On installe ce jeune couple, on trouve une solution pour cette famille qui vient de perdre un être cher, on accompagne ces jeunes parents qui ont besoin d’une chambre en plus, ou cet investisseur qui construit son patrimoine. On doit se préoccuper en permanence de nos interlocuteurs pour offrir le meilleur service, tout en prenant en compte l’époque dans laquelle on vit et la conjoncture économique particulière à chacun.

 

Quels sont vos objectifs à moyen terme ?

PS : A moyen terme il va falloir faire connaître la marque dans la région, on travaille pas mal sur des vidéos, qui nous permettent de capitaliser sur le nom. C’est marrant comment le nom évoque des choses aux gens et les amène à moins se méfier de la personne en face. On solutionne beaucoup de choses avec le sourire. Et une fois que cela sera fait, pourquoi pas ouvrir d’autres agences… On verra demain !

Je vis en zone inondable, comment le savoir et comment m’assurer ?

(Source)

Les inondations survenues dans le sud de la France fin 2014 ont mis en lumière un chiffre inquiétant : plus de 3,5 millions de logements se trouvent en zone inondable. Une habitation sur dix est concernée, peut-être la vôtre et vous ne le savez pas ! Comment le vérifier ? Si c’est le cas, un assureur peut-il refuser de vous couvrir ? Eléments de réponse.

On a tous été ému au moins une fois par les images de maisons inondées et de leurs habitants désemparés devant l’ampleur des dégâts. Pourtant ceux qui vivent dans une zone à risques l’ignorent bien souvent. Pour le savoir, il suffit de consulter à la mairie de sa commune le plan de prévention des risques (PPR) qui définit généralement trois zones : inconstructible, constructible sous conditions, constructible sans condition.

A noter que le nombre de maisons ou immeubles situés dans la première zone, celle la plus à risques, tend à se réduire. A but préventif, l’Etat va même parfois jusqu’à racheter les terrains et procéder à une expropriation. Se pose alors la question de la situation administrative de ces biens. Si votre logement a été construit avant la publication du plan de prévention il est considéré comme légal. En cas d’inondation, vous êtes alors en droit de réclamer une indemnisation auprès de votre assurance. En revanche, si la construction est postérieure au plan de prévention, vous êtes en situation d’illégalité (cas assez rare) et aucune indemnisation ne serait possible. Il se peut, en revanche, que certaines municipalités aient délivré des permis de construire en toute connaissance de cause. Les victimes disposent dès lors d’un recours légal mais les procédures s’étalent souvent sur plusieurs années.

Le mot d’ordre reste la vigilance, surtout au moment d’acquérir un bien. Ne négligez pas l’état des risques naturels et technologiques. Obligatoire dans toutes transaction immobilière, ce document liste les menaces qui pèsent sur la maison ou l’appartement.

Libre de choisir son assureur, libre de choisir son assuré

Malgré tout, les personnes qui vivent en zone inondable peuvent rencontrer un problème de taille, le refus de la part de certains assureurs de les couvrir estimant le risque trop important. Tout comme les consommateurs sont libres de s’assurer où bon leur semble, les assureurs disposent de la même liberté pour choisir ceux qu’ils assurent. L’ultime recours reste le Bureau Central des Tarifications (BTC) qui désignera d’office un assureur à des conditions et tarifs encadrés par la loi.

Les tarifs, pour ceux dont l’habitation est menacée et qui parviennent à s’assurer, sont parfois exorbitants et sont susceptibles de doubler d’une année sur l’autre en fonction des événements. D’ailleurs, en raison d’une sinistralité plus forte en 2014 et 2013 due aux intempéries – la Fédération Française des Sociétés d’Assurance estime le coût des dommages à plus de 3 milliards sur 2 ans – les assureurs ont  annoncé une hausse (sélective et non globale) pouvant atteindre 5 % en 2015.

Les démarches en cas d’inondation

Que vous soyez en zone à risques ou pas, il faut savoir que chaque contrat possède une garantie « catastrophe naturelle » mais que, pour entrer en action, il est nécessaire qu’un arrêté ministériel de déclaration de catastrophe soit publié au Journal Officiel. Dès lors, vous avez 10 jours pour déclarer le sinistre à votre assureur. Après expertise, ce dernier dispose d’un délai de 2 mois pour, au moins, vous verser une provision, de 3 mois après la publication de l’arrêté pour vous indemniser en totalité.

On ne le dit jamais assez mais il est important de stocker à l’abri des photos de ses biens, des factures, en résumé des preuves de ce que l’on possède de façon à éviter les lenteurs et les litiges dans des situations déjà difficiles.